La der des der … pour cette fois-ci !?


Aujourd’hui nous avons consacré notre dernière journée avant embarquement ce soir pour Paris à la faune et à la flore merveilleuses de ce pays. Selon nous, rien de mieux que d’aller au plus grand zoo du Brésil, situé au beau milieu de 800 000 m² de Mata Atlantica. Et c’est ainsi que nous avons profité au maximum de cette journée un peu nuageuse (peut-être pour nous réhabituer en douceur à la grisaille parisienne ?) sans subir le stress du départ.
Nous avons pu participer à une chouette expérience de dinosaures grandeur nature, animé et sonore qui a ravi toute la famille. Les enfants ont eu en prime une courte séance en 4 D : les trois habituelles plus les éléments atmosphériques dans la salle (l’eau, le vent, les éclairs et mêmes des bulles de savon). Ils n’ont pas vraiment regretté d’avoir laissé leurs parents dehors.
Pour terminer en beauté, le zoo-safari propose une promenade d’une heure en mini-van pour voir les animaux en semi-liberté dans la forêt et nourrir certains d’entre eux. Super trop bien disent les enfants !

C’est fini pour cette grande découverte du Brésil, qui nous a permis de faire de belles rencontres et d’apprendre plein de choses sur ce pays magnifique et formidable, plein de contrastes et de contradictions.

Ce blog a été réalisé par Gaia, Elio, Alex et Joëlle, mais comme dans tous les génériques il y a des remerciements :
Merci à tous ceux qui ont suivi de près ou de loin nos aventures et qui nous ont ainsi aidés à tenir dans la durée pour l’écriture et la mise en image.
Spécial merci à à nos pharmaciennes Sandra et Isabelle grâce à qui les petits bobos ne sont pas devenus gros, à Jean-José pour les livres en portugais (ou pas) sur le Brésil, à Stef pour ses miraculeux dépannages du blog, à Céline pour la gestion un peu compliquée des invités dans notre appartement, à Joëlle P. pour les cours de portugais qui nous ont été d’une grande utilité et bien sûr à Saba et Savta pour leur soutien indéfectible et (quasi) quotidien.
Notre seul regret est d’avoir manqué la visite annuelle des cousins, oncle et tante (ou sœur, frère et neveux) mais ce n’est que partie remise.

A très bientôt.

Melting-pot à la brésilienne

En sortant ce matin, nous avons l’agréable surprise de trouver un marché au pied de l’hôtel, ce qui nous permet une dernière fois d’admirer les étalages de fruits exotiques dont le curieux jaca (gros fruit à pointes), les dizaines de variété de bananes les unes à côté des autres, les piments, épices et graines de toutes les couleurs et odeurs, les vendeurs de tapiocas, de caldo de cana, de coco gelado, de jus frais ou de pastels qui nous ont régalés pendant plus de deux mois.

Ensuite, direction, le musée de l’immigration, car s’il est un pays où la diversité ethnique est immense, c’est bien le Brésil. L’ancienne Hospederia dos immigrantes, qui a servi de lieu d’accueil et de transit à plus de 2,5 millions d’immigrants entre 1887 et 1978 a été transformée de bien belle manière en mémorial, même si un des bâtiments continue de fonctionner comme centre d’accueil avec réfectoire et hébergement. Les premières populations sont bien sûr les peuples amérindiens auxquels se sont ajoutés ensuite les colons portugais et les esclaves africains. Mais avec l’abolition de l’esclavage à la fin du 19e siècle, le Brésil a eu besoin d’une grande main d’œuvre pour les plantations de cafés et une forte immigration européenne notamment allemande et italienne a commencé, suivie quelques années plus tard par l’arrivée des migrants japonais. Tous ces nouveaux arrivants, répartis sur les différentes exploitations essentiellement dans l’Etat de São Paulo, coûtaient même moins chers que les esclaves !
Pour continuer dans le thème, nous décidons d’aller déjeuner dans le quartier Libertade, le quartier japonais de São Paulo. Il faut savoir que cette ville rassemble la plus grande communauté japonaise du monde à l’extérieur du Japon et ça se voit : la population et les magasins bien sûr sont à forte majorité asiatiques (récemment beaucoup de chinois et de coréens se sont installés dans le quartier) mais aussi les banques, les arrêts de bus, les lampadaires, les jardins et même les pictogrammes des feux piétons sont japonisants. Nous mangeons d’excellents okonomiyaki (à mi chemin entre omelette et galette) avant de faire une halte au musée de l’Immigration Japonaise, qui nous apprend la façon dont cette immigration fut organisée par les gouvernements brésiliens et japonais, leur vie au quotidien entre tradition d’origine et intégration, les discrimination subies pendant la 2nde guerre mondiale et la réussite économique d’un certain nombre d’entre eux.
Nous avons tous adoré ce dernier dépaysement inattendu dans ce quartier très animé le dimanche.
Pour notre dernier dîner au Brésil, nous goûtons la fameuse pizza paulista, une des (très bonnes) spécialités de la ville avec en dessert une pizza … banane, cannelle, confiture de lait à se lécher les babines !

Sculptures, peintures, musique et … football à São Paulo

 

Nous voilà de retour à São Paulo et tout d’un coup cette immense ville, qui ne nous semblait pas très attirante il y a deux mois et demi, prend un nouveau visage maintenant que nous maîtrisons correctement le portugais et que nous comprenons un peu mieux l’organisation de la vie brésilienne. En plus, l’hôtel que nous avons trouvé se situe sur une jolie place, en face du métro, dans un quartier très sympa, populaire et animé et de nombreux paulistas s’installent à la nuit tombée sur les terrasses des cafés environnants.
São Paulo compte de nombreux musées (qui sont en plus, quelle bonne idée, gratuits le samedi) et nous avons du mal à nous décider sur le programme. Finalement notre première visite sera pour la Pinacoteca do Estado, où nous nous rendons à pied en passant par des quartiers agréables et jolis mais aussi par quelques rues aux abords de la gare de Luz où la misère est très forte et où de nombreuses personnes vivent dans la rue avec visiblement des problèmes de drogues. São Paulo est vraiment la ville de tous les contrastes …
La pinacothèque est un musée très riche où les œuvres sont mises en valeur par e beaux volumes. Nous pouvons y voir plusieurs expositions variées depuis les originales proues des navires marchands sur le fleuve São Francisco (le deuxième plus long du Brésil après l’Amazone) jusqu’aux paysages anglais dans les collections de la Tate Galery en passant par des sièges amérindiens sans oublier le sculpteur italien Marino Marini et les artistes brésiliens Candido Portinari, Lasar Segall ou Bruno Giorgi. On y est resté pas mal de temps d’autant plus que nous avons eu la chance d’assister à l’intérieur du musée à un très bon concert d’une chorale de jeunes lycéens qui nous a tous beaucoup émus. A la sortie, nous reprenons nos esprits en traînant dans le grand parc de Luz, où les sculptures jouent à cache cache avec les arbres monumentaux.
Pour revenir à des préoccupations nettement plus populaires, nous partons vers le musée du football situé à l’intérieur du stade Pacaembu. Le football étant au minimum la seconde religion au Brésil, nous ne pouvions sacrifier à ce rite. Il faut avouer que la visite est enthousiasmante et très ludique même pour des non connaisseurs comme nous. Cela nous a permis de découvrir (ou redécouvrir) le talent de Pelé, Garincha ou Ronaldo à travers les souvenirs émus de personnalités brésiliennes et par ailleurs l’accent important mis sur le football féminin (interdit pendant 40 ans) n’est pas pour déplaire à nos âmes féministes.
Nous rentrons par le très bourgeois quartier d’Higienopolis et on a vraiment l’impression de faire le grand écart avec la promenade du matin.

La belle vie sur les flots

Pour notre dernière journée à Paraty, nous nous payons le luxe (très économique en cette saison hivernale, il faut l’avouer) de louer  un de ces petits bateaux qui nous avait tapé dans l’œil avec une petite terrasse au dessus de la cabine de pilotage sur laquelle des matelas et des coussins colorés permettent de se prélasser à volonté. Nous allons ainsi pendant plusieurs heures inoubliables de plages en plages et d’îles en îles à travers la baie de Paraty. La plupart de ces îles sont privées et laissent entrevoir d’imposantes demeures ou même un château, abritent des restaurants de luxe ou sont réduites à un gros rocher envahi par les oiseaux.
Les masques et tubas compris dans la location nous permettent d’admirer les poissons rayés jaunes et noirs, les poissons aiguilles et bien d’autres encore qui nous entourent de toute part. Elio s’est découvert une passion pour la plongée, il n’a pratiquement pas lâché le tuba de toute la journée et il fallait le convaincre de remonter à bord après chaque arrêt. Quant à Gaia, notre belle naïade, elle a encore les yeux brillants au souvenir de ces plages paradisiaques qu’elle a enfin vues en vrai !
Et pour finir en beauté, nous avons assisté à un très agréable concert de Marcelo Arty et trio (samba, choro et musique populaire brésilienne)  à la maison de la culture de Paraty.
Nous avons savouré à pleins poumons cette journée fabuleuse qui sonnait un peu la fin de notre voyage même s’il nous reste encore deux ou trois jours de découvertes intéressantes (mais peut-être moins exotiques) à São Paulo.

Promenade dans la Mata Atlantica

 

Aller à la plage est devenu un peu trop facile pour nous alors on décide de compliquer les choses. On saute dans un bus qui nous emmène de l’autre côté de la baie de Paraty par une petite route très sauvage dans le lieu-dit Laranjeiras (les orangers). De là, part un sentier qui serpente dans la montagne à travers la Mata Atlantica, la forêt tropicale atlantique (qui est plus ancienne que la forêt amazonienne mais dont il ne reste que 7 % de celle d’origine). Après une heure et demie de randonnée assez sportive dans cet environnement somptueux et enchanteur (mis à part une rencontre effrayante pour nous mais surtout pour lui avec un petit serpent), on débouche enfin sur la plage de Sono, qui n’est accessible que par ce sentier ou comme nous le découvrons plus tard par bateau. Et à ce moment là, on a vraiment l’impression d’avoir mérité la mer bien évidemment bleue et transparente, la plage presque déserte et la vue superbe sur les montagnes tout autour.
Une communauté indienne à laquelle se sont ajoutés quelques personnes souhaitant vivre plus simplement habitent dans des cabanes et des maisonnettes autour de la plage. C’est dans l’une d’elle que l’on a déjeuné simplement puis plus tard après avoir royalement profité de la baignade, l’un des habitants nous ramène à Laranjeiras en barque. Le trajet est très agréable, moins fatiguant et nettement plus rapide qu’à pied  (seulement 15 minutes !) .
Nous ne sommes pas tout à fait au bout de nos surprises car le minuscule port où la barque nous dépose est complètement privé et n’abrite que des yachts. Il est situé à l’intérieur d’une petite cité très sélecte, dans laquelle on trouve de très belles  villas avec piscine, toutes dans un style architectural différent, des petits lacs, des jardins joliment aménagés, des voiturettes électriques, un centre médical, un spa .Il est bien sûr interdit d’y passer à pied si l’on est pas résident, invité ou employé et c’est donc une navette gratuite qui attend tous les indésirables à la descente de bateau pour les emmener vers la sortie, à plus d’un kilomètre de là. De retour sur la route, on constate d’en haut qu’il s’agit vraiment de la vraie petite ville « idéale » pour riches, très belle et hyper sécurisée.
Nous savourons ces derniers jours de vraie nature avant le retour très prochain vers les grandes villes São Paulo puis Paris.

Paraty, un avant-goût de paradis …

Nous avons survécu à nos 24 heures de bus exactement malgré un certain inconfort et surtout malgré une panique à bord en plein milieu de la nuit.
A trois heures du matin, les parents profitent d’un arrêt pour changement de conducteur pour se dégourdir les jambes et aller aux toilettes en laissant leurs charmants enfants endormis dans le bus. Stupeur quelques instants plus tard : le bus a disparu. Renseignements pris, il s’agit juste d’un contrôle et de la vidange des toilettes intérieures dans une station service voisine. Nous sommes rassurés et espérons simplement que les enfants ne se réveillent pas entre-temps. Mais vu de l’intérieur, la scène est un peu différente. Gaia se réveille au départ du bus et remarque rapidement l’absence de ses parents. Elle court voir le chauffeur pour lui indiquer qu’il nous a oublié lors de l’arrêt précédent. Celui-ci lui répond que ses parents sont certainement descendus sans la prévenir mais qu’on va revenir en arrière. Tout en nettoyant son bus, il ajoute, certainement un rien moqueur, que l’arrêt précédent a eu lieu à minuit. Gaia essaye alors de gérer sa colère devant le peu de réactivité du chauffeur et sa panique en imaginant ses parents stressés essayant de contacter le bus depuis trois heures tout en consolant Elio qui s’est lui aussi réveillé et est en larmes. Au retour du bus, ce sont deux orphelins éplorés qui se ruent à l’extérieur et se jettent dans nos bras. La scène n’a duré heureusement que quelques minutes mais cela doit sembler très long quand, en plein milieu de la nuit, on se retrouve sans parents, dans un pays étranger !
Nous arrivons à Paraty à 16h30 après avoir profité d’un paysage magnifique de mer, montagne et végétation luxuriante sur les deux dernières heures (surtout Elio qui avait trouvé une place de choix au fond du bus) mais on peut vous assurer que notre première soirée ici fut très courte tellement la fatigue de tous était grande.
Ce matin, requinqués, nous partons visiter la vieille ville. Et là, nous ne regrettons pas notre périple : la petite cité toute blanche et préservée des voitures est très belle par elle-même mais c’est le site dans lequel elle se trouve qui est remarquable : des montagnes de toute part, même loin sur la mer. Cela donne l’impression d’être au bord d’un lac en altitude mais avec en prime une végétation tropicale. Nous sommes devant l’un des plus beaux endroits de notre voyage et on en profite aussi bien depuis les rues pavées de Paraty, que du haut du vieux fort qui les surplombe ou depuis la plage. Nous avons même nagé jusqu’à un bateau ancré à 300 mètres au large et sommes montés sur son toit pour avoir un point de vue différent mais toujours aussi incroyable.
On attend de voir le reste avec impatience…

Une promenade interrompue

Pour la deuxième fois en deux mois de voyage, la pluie a contredit nos projets.
En effet, samedi, nous avons pris le bac pour traverser le fleuve et visiter le petit village d’Arraial d’Ajuda, situé sur un promontoire au dessus d’une plage parait-il paradisiaque dont nous avions bien l’intention de profiter. Malheureusement, à peine étions nous arrivés au cœur du village où régnait une grande animation en raison de la fête de la sainte patronne du lieu, qu’une forte pluie a commencé, accompagnée d’un vent frais, pour ne pas cesser jusqu’au soir. Nous sommes restés une petite heure sur place à regarder les gens chanter, manger et danser malgré la pluie puis nous sommes rentrés nous mettre à l’abri sous le joli kiosque de notre hôtel au bord de la piscine pour lire et même travailler. Nous ne connaîtrons pas la plage d’Arraial d’Ajuda !
Aujourd’hui nous profitons du soleil retrouvé pour une matinée dans la piscine avant de nous lancer dans presque 24 heures de bus pour rejoindre Paraty, un peu au sud de Rio (où nous n’allons pas nous arrêter).

Premiers pas portugais à Porto Seguro

Après une longue nuit de bus, on profite avec plaisir une grande partie de la matinée de la piscinette de la pousada où nous allons dormir 2 ou 3 nuits. Que demander de plus ? Une chambre correcte avec vue sur la piscine, petit déjeuner inclus, le tout pour un tiers moins cher que ce que l’on a trouvé pendant tout le voyage ! Il faut dire que Porto Seguro est très prisée par les brésiliens et les argentins en été (donc de décembre à février) mais nettement plus calme en ce moment, ce qui permet des rabais très avantageux.

Porto Seguro n’était pas sur notre tableau de route initial mais la distance entre Salvador et Rio étant très longue, nous avons cherché une étape intermédiaire et cette ville, la première où les Portugais ont débarqué au Brésil, nous a semblé intéressante.
Autant Salvador revendique uniquement ses racines africaines, autant Porto Seguro, qui se situe plus au sud dans l’Etat de Bahia, semble davantage tournée vers ses ancêtres amérindiens. C’est ce que nous découvrons dans la ville haute, qui ressemble à un paisible village sans voiture, aux maisons colorées, dans un site naturel enchanteur rempli d’oiseaux qui domine la ville moderne et la mer. Nous avons visité le musée de la Découverte (du Brésil) qui met en avant les découvertes archéologiques sur les sépultures des Tupi-Guarani avant la colonisation et les parures de cérémonie de plusieurs ethnies amérindiennes. Nous y avons appris que si certaines ethnies furent réduits en esclavage, d’autres ont beaucoup résisté et ont même réussi à détruire complètement Porto Seguro. Le mémorial de l’épopée de la découverte présente, dans son petit jardin botanique, une hutte indienne avec une collection d’objets du quotidien et de cérémonie, autour d’une réplique du navire de l’explorateur Pedro Cabral, découvreur du Brésil. C’est le seul endroit au Brésil où la culture des natifs est ainsi mise en valeur, si on excepte l’Amazonie où la présence physique des quelques tribus restantes change un peu les choses.

Un agréable au-revoir à Salvador

Il nous a fallu toute la journée de mercredi pour revenir sur Salvador (sans panne de bus, ni fermeture de route), nous mettre à jour dans le blog et préparer la dernière semaine et demie de notre beau voyage.

Pour finir notre découverte de Salvador, nous passons la matinée de jeudi dans le jardi zoobotanique situé dans le joli quartier résidentiel d’Ondina, avec vue sur mer (comme presque partout dans cette ville). La promenade y est très agréable car les animaux, pour la plupart issus de la faune brésilienne de l’Amazone aux chutes d’Iguazu, sont en semi-liberté dans des grands enclos. La flore brésilienne est bien représentée aussi avec des véritables petits morceaux de forêts d’où on voit émerger en arrière plan les buildings modernes.
L’après-midi est consacrée au très chic quartier Vitoria, où nous tombons d’abord par hasard sur le Palacetes das Artes, appelé aussi Musée Rodin car dans le jardin y sont exposées plusieurs de ses sculptures. L’intérieur est un bel ancien palais de riches industriels brésiliens qui abrite plusieurs expositions d’art moderne dont une très intéressante qui fait un parallèle entre les œuvres d’artistes africains et de l’État de Bahia.
Un peu plus loin, on trouve le musée Carlos Costa Pinto. Il s’agit là encore d’une très belle demeure d’un autre riche industriel dans laquelle on trouve toutes sa collection, du sacré au profane, des bijoux des reines africaines aux porcelaines anglaises dans des pièces aux riches meubles en bois de jacaranda. Les enfants ont immédiatement choisi leur chambre respective et repéré les belles pièces qui plairaient à leur grand-mère !

Après cette belle journée, nous quittons Salvador avec une pointe de regret et un nouveau bus de nuit nous emmène à Porto Seguro, le premier endroit où les portugais ont débarqué au Brésil.

Nous avons trouvé notre diamant !

Mardi, pour notre dernière journée dans le parc de la Chapada Diamantina, nous décidons d’utiliser une voiture (et du coup un peu moins nos pieds) pour rayonner et avoir une vision plus étendue de cet endroit merveilleux. Nous nous arrêtons d’abord par le rio Mucugezinho, qui tient son nom du mucugé, le fruit non comestible qui pousse sur les arbres tout au long de la rivière. Nous la descendons sous un ciel couvert et sur un sol glissant jusqu’au Poço do Diabo, cascade d’une vingtaine de mètres qui creuse un puits de neuf mètres sous elle. La légende raconte que la découverte d’un gros diamant à cet endroit a entraîné des garimpeiros à prendre plus de risques pour trouver encore plus gros ce qui leur a coûté la vie. Les survivants ont alors appelé cet endroit le puits du Diable. Pour notre part, ce n’est pas le diable mais l’air encore humide du matin qui a freiné nos envies de baignade.
Notre arrêt suivant est mythique dans la région, déjà impressionnant vu d’en bas et auréolé de plusieurs légendes dont voici une version : « La fille du Colonel tombe amoureuse d’un esclave noir, Inacio, chercheur de diamant pour le compte de son père. Ce dernier ne supporte pas l’offense et veut tuer Inacio, qui s’échappe et se cache en haut d’une montagne. Sa tête est mise à prix et rapidement il est dénoncé. Les soldats le poursuive en haut de cette montagne mais il se sauve en faisant semblant de tomber du haut de la falaise alors qu’il est caché sous un rocher. Le colonel se tue en sautant dans le vide pour vérifier que l’infâme est bien mort. Inacio peut alors se marier avec sa bien aimée, il hérite de la fortune du colonel et la montagne hérite de son nom Pai Inacio, père Inacio ». Nous ne savons pas si leur histoire d’amour était aussi belle que la vue que l’on a du haut du Pai Inacio mais si c’est ce le cas, nous comprenons tous les risques pris. Nous sommes restés bouche bée, malgré le vent qui décoiffait sérieusement au sommet, devant l’immensité et la splendeur du paysage qui s’offre à nous. Nous avons trouvé le véritable diamant de la région et sommes heureux d’avoir ajouté à la dernière minute à notre programme de voyage ce détour à la Chapada Diamantina. Pour information, la montagne qui fait face au Pai Inacio est le morro do Camelo à cause de sa ressemblance avec un chameau.
Nous nous remettons de nos émotions avec un pique-nique et une baignade dans les eaux bleues cristallines de la prainha, la petite plage, pleines de jolis poissons que nous trouvons un peu trop carnivores à notre goût (rien de bien grave, mais ils picorent sévèrement les jambes). En face, nous visitons la gruta Azul, véritable petite caverne de contes de fées inondée d’une eau bleue étincelante.
Nous finissons cette journée avec la visite de la gruta da Fumaçinha, grotte plus classique (à part qu’il y fait très chaud) avec stalagmites, stalactites, draperies et fleur d’Aragonite. Gaia s’est passionnée et a réussi à poser plein de questions (et à comprendre les réponses) en portugais bien sûr !
Le retour a été un peu plus long que prévu à cause de la coupure de la route dans les deux sens pour dégager un camion accidenté sur le bas côté. Il faut savoir que cette route est celle qui relie Brasilia à Salvador et est donc fréquentée par d’innombrables camions. L’interruption du trafic pendant environ une heure et demi a entraîné une queue d’au moins 10 km essentiellement de poids lourds. Cela nous a permis de profiter du coucher de soleil sur les montagnes environnantes et les enfants furent tous heureux de pouvoir grimper sur le toit d’un camion pour regarder au loin.